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L'euro digital : pourquoi la BCE n'a juste pas le choix (trop tard?)

TL;DR :

Pourquoi la BCE ferait ça alors que ça n'irait pas dans le sens du système financier existant qui pourtant :

En fait, elle n'aura pas le choix pour 3 raisons (au moins !).

I. Trois "bonnes" raisons pour lesquelles la BCE va sortir "un euro digital"

  1. S’ils ne le font pas, un acteur privé s'en chargera. C’est déjà le cas pour l'USD, il existe actuellement au moins 4 dollars digitaux (on parle de stablecoins) très utilisés :

Côté euro, nous avons déjà le sEUR (Synthetix), l'EURS (Stasis), et l'Euro Tether.

Les cryptos sont une réalité en cours de réalisation et qui continuera à se déployer quoi qu'il arrive et sans possibilité d'interdiction efficace et définitive.

A vrai dire, l'euro digital qu'on retrouve dans les plans actuels de la BCE n'est pas vraiment décentralisé et ne contentera pas les aficionados de la décentralisation, bien au contraire. Les initiatives privées prendront quand même de l'importance (c'est déjà le cas).

  1. Un effondrement du système monétaire n’est pas totalement à exclure à moyen terme, en effet, les signes de difficultés s'accumulent, sans solutions efficaces envisageables sans grand bouleversement de l'existant, par exemple :

La crise du COVID n'est rien d’autre qu’un projecteur qui s’est allumé pour révéler la fragilité d’une grande machine qui fonctionne en conditions normales, mais pas si résiliente que ça et qui n'a pas été pensée pour s'adapter aux changements et incidents de parcours. Le système monétaire reposant sur la dette bancaire plutôt qu'une contrepartie (type étalon-or) est en danger. Il faut un système de secours, un back-up à actionner en cas de défaillance du système principal, quitte à concurrencer le système en place. La monnaie joue un rôle central dans toute société moderne.

  1. La décentralisation est une tendance de fond de ces dernières décennies, qui se propage progressivement. Peu importe ce qu'on en pense, cette tendance va dans le sens de la résilience et de l'élimination des points de défaillance uniques (Single points of failure). Evidemment, en tâche de fond s'entrevoit une perte de confiance dans "le politique", et une désillusion confortée par l'état actuel de la répartition des richesses. Au-delà de ça, la décentralisation présente d'autres caractéristiques qui la rendent super séduisante quand elle est bien menée. Après tout, qu'est ce que la démocratie si ce n'est un moyen de diffuser et de diluer la responsabilité et le pouvoir, de les décentraliser. C'est aujourd'hui le mode de gouvernance considéré comme le moins pire, mais la route fût très longue avant d'en arriver là. Est-ce qu'on peut dire que les systèmes monétaires européen ou américain sont organisés sur un mode de gouvernance participatif, orienté vers le bien commun ? (ceci est une vraie question, je n'ai pas d'avis tranché là-dessus)

II. "L'euro digital", un instrument de contrôle et de politique monétaire

Au passage, il faut savoir qu'un euro digital centralisé, c'est tout d'abord un euro parfaitement traçable et "transparent" pour les autorités européennes (une révolution dans le monde de la monnaie d'état !). Il pourrait être d'un grand bénéfice pour :

Se pose ensuite une question bien plus large, celle de l'injection continue de liquidités via la dette depuis 2008 ... quel avenir pour un système dont la monnaie est en très rapide extension et non capée en quantité ? inflation ? pas inflation ? comment expliquer les valorisations actuelles des actifs ?

Certains imaginent, à horizon 10 ans, un monde basé sur :

Par ici pour un bon lien en français pour comprendre la DeFi (finance décentralisée)

Sinon, voici un excellent site expliquant une partie du fonctionnement actuel de l'économie :D. Marche aussi avec la BCE + le CAC40 et les indices européens.

Merci pour votre lecture ! 😊👋

~ Anas EL KHALOUI

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